Congrès de Strasbourg

150 ans engagementAu fil de son histoire, la Ligue de l’enseignement a mené des combats pour que la République s’installe et que la justice progresse. Elle en a anticipé certains, réussi d’autres, manqué parfois. Aujourd’hui, dans le contexte si particulier que nous connaissons, les causes défendues hier sont plus brûlantes que jamais.
L’éducation, la laïcité, la solidarité… méritent qu’on s’engage pleinement parce qu’elles nous ont constituées, qu’elles nous questionnent et qu’elles nous permettront sans doute d’affronter l’avenir.

Ce contexte nous oblige à la fois à effectuer un travail d’appropriation plus large de notre culture politique et à porter un regard sur nos actions aujourd’hui pour qu’elles traduisent toujours au mieux ces combats. C’est un travail de longue haleine et qui ne s’arrêtera pas en juin, date de notre 96e Congrès et année de nos 150 ans. Il se fera par étape. La première, « valoriser » les combats de la Ligue a déjà commencé.

 

Ce samedi 25 juin 2016, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, a prononcé le discours de clôture du congrès des 150 ans de la Ligue de l’Enseignement. L’occasion pour la ministre de dire son attachement à l’Éducation populaire et de rendre hommage au travail de la Ligue. Retrouvez ici le discours de la ministre, en vidéo (cliquez sur la photo) et texte (en partie) :

NVB

« Mesdames et Messieurs les élus,
Monsieur le président de la Ligue de l’Enseignement,
Monsieur le Secrétaire général,
Madame la Secrétaire générale adjointe,
Mesdames et messieurs,
Chers amis,

Permettez-moi, au début de ce discours, d’emprunter, pour vous saluer, une phrase prononcée au XIXème siècle :

« Chers bienfaiteurs obscurs, passionnés, infatigables, qui, à force de volonté, à force de ténacité, finissent par apporter à tout un peuple une dot magnifique d’intelligence et de lumière ».

Celui qui salua ainsi vos prédécesseurs, s’appelait Léon Gambetta. Nous sommes en 1881, au Congrès de la Ligue de l’Enseignement, à Paris, salle du Trocadéro. Et si je reprends ses mots, à Strasbourg, 150 après, c’est pour une raison simple.  Ils sont toujours aussi justes.

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Alors, naturellement, en 150 ans, la Ligue a connu aussi, bien des évolutions, et bien des changements. Mais dans ces changements, une chose ne change pas : la fidélité à ce principe exposé par Jean Macé, présentant les articles de la Ligue, je le cite :

« Elle n’a qu’un article dans son programme philosophique, faire des hommes qui pensent, pour penser ensuite comme ils l’entendront; qu’un article dans son programme politique, faire des citoyens, faire des électeurs, ce qui est plus important mille fois que faire des élections ».

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La Ligue a 150 ans d’existence. L’École de la République, avec les lois Ferry de 1881, en a 135.

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La Ligue, comme l’Ecole, en tenant compte de la singularité des temps dans lesquels elles s’inscrivent, ont évolué.

Elles l’ont fait pour une seule raison : rester toujours fidèles à leurs missions et à leurs vocations premières, et à cette haute idée de l’émancipation par le savoir, la connaissance et la culture.

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Oui, les trois mots qui ornent le fronton de nos écoles sont pour moi, comme pour vous, non pas seulement un beau tableau à contempler, mais des injonctions, des impératifs.

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Mais je sais également, nous savons, que l’École ne peut pas tout, toute seule. Elle a besoin de vous. Notre complémentarité est une force.

Oui, je crois en l’éducation populaire.

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Eh bien, nous sommes, aujourd’hui, à un tournant de notre histoire commune. Un nouvel élan est en train d’être donné à l’éducation populaire, grâce à la réforme des rythmes scolaires, et à la généralisation des ateliers périscolaires.

Oui, par ces ateliers, nous développons l’accès de tous nos élèves au sport, à la culture, aux sciences et à la citoyenneté.

Dans ces temps offerts à l’ensemble des élèves, il y a là une chance à saisir, une chance historique pour repenser la complémentarité de tous les acteurs de l’éducation populaire, et lui conférer une universalité. Car à l’universalité du suffrage, doit bien répondre celle de l’éducation.

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La citoyenneté, cela se vit. Cela se ressent. Cela se traduit concrètement par des actes.

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Voilà pourquoi notre action commune me donne, malgré le contexte actuel, malgré la radicalisation et le développement des théories complotistes, malgré la montée du populisme, un véritable espoir.

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Face à ces défis, je tiens à vous dire une chose, car nous aurons toutes et tous notre rôle à jouer: c’est un soutien précieux, pour la ministre de l’Éducation Nationale que je suis, que de pouvoir compter sur un allié fidèle, dont je partage les valeurs, et qui a pour nom :
La Ligue de l’Enseignement.

Je vous remercie. »

 

Histoire de la Ligue de l’enseignement

jean-mace-800x600La Ligue de l’enseignement, c’est d’abord une histoire : celle de 150 ans de mobilisation pour la laïcité, et pour l’accès de tous à l’éducation. Le fruit de cette histoire, c’est un réseau associatif qui continue à se développer aujourd’hui dans tous les domaines où se crée le lien social, tels que l’éducation, la culture, le sport, la citoyenneté… La Ligue de l’enseignement est une des plus importantes organisations culturelles et une des plus anciennes sociétés républicaines de France. Elle a été créée par un journaliste et « professeur de demoiselles », Jean Macé. A la suite du coup d’Etat de Louis Napoléon Bonaparte, il estime qu’ « avant d’instituer le suffrage universel, il aurait fallu trente ans d’instruction obligatoire … ». Le 15 novembre 1866, il annonce officiellement la naissance de la Ligue française de l’enseignement…

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